Leptospirose chez le chien : attention aux risques avec le retour des beaux jours !

La leptospirose canine fait partie des maladies qu’il est possible de prévenir par la vaccination. Cette dernière a évolué avec la mise sur le marché de vaccins intégrant les nouvelles souches de l’agent pathogène responsable de cette affection. Il s’agit d’une zoonose que l’Homme peut également contracter.
Qu’est-ce que la leptospirose canine ?
La leptospirose est une maladie infectieuse présente dans notre pays et dont l’épidémiologie et la clinique ont évolué, avec l’observation, ces dernières années, de cas atypiques.
Les beaux jours sont des périodes à risque de contamination puisque l’agent responsable de la maladie peut contaminer les eaux dans lesquelles les chiens se baignent ou s’abreuvent.
Cette maladie est problématique à plus d’un titre. Tout d’abord, il s’agit d’une zoonose bactérienne (transmissible de l’animal à l’Homme) qui engendre chaque année quelques centaines de cas humains, avec une fréquence plus élevée en fin d’été et début d’automne.
La maladie peut se transmettre directement, par contact avec un chien infecté ou par morsure, ou indirectement, à la faveur d’une baignade dans une eau douce hébergeant des leptospires.
L’agent pathogène qui en est responsable est en effet une bactérie du genre Leptospira dont plusieurs souches sont connues pour sévir en France.
La leptospirose est considérée comme une zoonose professionnelle et les autorités sanitaires recommandent une vaccination ciblée des catégories professionnelles à risque (vétérinaires, agriculteurs…).
D’autre part, la leptospirose est problématique chez le chien de par sa fréquence et son évolution atypique ces dernières années.
Une maladie infectieuse présente en France
Pour comprendre ces évolutions, il faut déjà connaître la forme classique de la maladie. Cette dernière est donc due à la pullulation dans le sang et des tissus de la bactérie du genre Leptospira. Deux sérogroupes principaux étaient jusqu’à présent en cause dans l’espèce canine (Leptospira icterohaemorrhagiae et L. canicola) et sont inclus dans les vaccins disponibles en France.
Mais, ces dernières années, de nouveaux sérogroupes ou des variants, comme L. grippotyphosa et L. australis, ont fait leur apparition sur le terrain.
Les laboratoires pharmaceutiques qui fabriquent le vaccin contre la maladie ont pris en compte ces données et proposent désormais des vaccins qui comportent les quatre souches de leptospires.
Ces dernières sont entretenues par des réservoirs de la faune sauvage, principalement des rongeurs qui sont des porteurs rénaux, le plus souvent asymptomatiques. Ces rongeurs les éliminent dans l’eau via leur urine et les leptospires peuvent y survivre très longtemps. Le chien peut alors se contaminer à la faveur d’une baignade ou en ingérant de l’eau contaminée.
Les bactéries pénètrent par voie cutanéo-muqueuse au niveau des espace interdigités, de la muqueuse nasale ou d’une plaie et atteignent le flux sanguin ou elles se multiplient.
L’incubation dure généralement 5 à 6 jours après quoi la bactérie dissémine dans l’organisme pour atteindre ses organes cible qui sont le rein et le foie principalement.
Les signes cliniques classiques de l’infection sont donc hépatiques et/ou rénaux.
Quels sont les symptômes de la leptospirose chez le chien ?
La maladie est connue sous des formes aiguës, fébriles et souvent létales en absence de traitement précoce adapté. Cliniquement elles se manifestent par une gastro-entérite hémorragique associée à un ictère dit flamboyant en raison de la congestion des muqueuses. C’est la forme classique dite ictéro-hémorragique.
Cependant, elle semble aujourd’hui moins fréquente que la forme rénale caractérisée par une insuffisance rénale aiguë associant des symptômes généraux, digestifs (vomissements) et urinaires (chien qui boit davantage et urine plus…). L’hyperthermie n’est pas systématique.
La leptospirose peut aussi sévir sous des formes chroniques et des formes subcliniques.
Les variations dans l’expression clinique s’expliquent par différents facteurs : statut immunitaire du chien selon qu’il a été vacciné et quand, nombre de leptospires rencontrées, virulence de la souche…
Ces dernières années on a aussi assisté à des formes atypiques qui peuvent être pulmonaires, oculaires, cardiaques…
Des tests diagnostiques spécifiques permettent de confirmer la présence de la maladie face à une suspicion clinique.
L’insuffisance rénale aiguë est au final la manifestation la plus fréquente de la leptospirose. Elle se traite initialement par la mise sous perfusion de l’animal, pour rétablir la volémie et corriger la déshydratation, et la mise en place d’une antibiothérapie ciblée contre la bactérie responsable. Dans les cas graves, une dialyse peut être nécessaire (épuration extrarénale du plasma avec un rein artificiel) mais seul un petit nombre de structures vétérinaires la pratique en France.
Le pronostic dépend souvent de la rapidité du diagnostic et de la prise en charge thérapeutique.
Vu la gravité de la leptospirose, l’accent doit être mis sur sa prévention et donc sur la vaccination des chiens, en suivant les protocoles recommandés par son vétérinaire.